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Rafales de pensées

Cahier des charges (par Aurélien Carton)

C’est écrit,

Nous avons l’ambition de survivre
Et s’il faut s’armer alors on s’armera,
Le mendiant de la Foi a cessé de nous suivre
Et s’il faut s’aimer alors on s’aimera.
Convaincus par essence de nous taire et pourtant
S’amoncellent les cris dans un coin de nos têtes ;
Nous sommes jardiniers car ici l’important
A perdu ses pétales. L’illusion se répète.
Nos paumes se sont serrées à la manufacture
Des souvenirs calleux en squames d’amitié,
L’encre est multicolore, sincères sont nos ratures :
Au bord de la falaise… un élan de pitié.
L’usine et le foyer se confondent en nos cœurs,
Nous habitons le Temps (qu’il nous reste à tuer)
Nous divisons la somme de toutes nos erreurs
Avec le chiffre d’or de l’inutilité.
Sur le fil de l’aube, funambules à la chaine,
Marionnettes sociétales au service du profit,
Esclaves rémunérés, clandestins de la haine,
L’enfer a disparu : l’existence nous suffit.
Le chemin fut tracé à la tombée des langes,
Nés sous le joug blafard de l’obscur programmé,
Fatigués dès l’aurore de briser nos phalanges
Sur le mur qui sépare le Juge du Condamné.
L’ignorance est rentable, la production du vide
Façonne le quotidien de nos gestes lassés,
De sourires calcinés en blessures apatrides
Ne demeure que le sel de nos larmes versées.
Nous connaissons l’oubli : garant de l’injustice,
Révoltés lunatiques, partisans de l’attente,
Ouvriers du pardon, serviteurs du factice,
Nos lèvres sont scellées, nos artères apparentes.
Citoyens de l’absence nous glissons par dépit
Un bulletin froissé dans l’urne des Promesses,
Sociétaires de l’errance, nous prions par défi,
Attentifs au discours que l’espoir professe.
Solidaires sous contrat, salariés immobiles,
Parieurs hésitants, boursiers de l’indolence,
Nous empilons les jours et les peines stériles
En muant chaque instant

Nos rêves en doléances.

                                                                                                           AC 2012-02-05

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À propos de corkloizo

Un commentaire sur “Cahier des charges (par Aurélien Carton)

  1. David
    mai 26, 2012

    Entre autres, j’aime bien :

    « Nous divisons la somme de toutes nos erreurs
    Avec le chiffre d’or de l’inutilité. »

    Les vers ont souvent des airs de slogan apatrides, ça peut me sembler plus symbolique qu’ordonné vers un but, il reste néanmoins un fil conducteur, et je n’aime pas forcement qu’on n’emmène quelque part.

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Cette entrée a été publiée le février 27, 2012 par dans Publications littéraires, et est taguée , , , .
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