rafales2pensees

Rafales de pensées

Ce que les autres veulent (par Aurélien Carton)

En groupe il se sent seul
Et tout seul il s’ennuie
La haine c’est son pays
Ce que les autres veulent

Il se cache pour aimer
Ne pleure qu’en public
Au carrefour stratégique
Des désirs à semer
En terre d’armistice
Aux frontières du pardon
Où l’erreur est un don
Et l’ennemi factice
Là où les bataillons
De la désespérance
Défilent à contresens
Entrouvrant le bâillon

D’un souffle de répit

Il porte son linceul
Comme une cape de pluie
Le ciel et le mépris
Ce que les autres veulent

Il ne parle mais crache
Ses mots sur le pavé
Du boulevard délavé
Où saigne sa démarche
Sur le dos de la nuit
Trainant ses illusions
Lorsque la confusion
L’emporte sur l’envie
Il ne connaît l’arome
Des gestes langoureux
Ni convaincu par Dieu
Ni convaincu par l’Homme
C’est la peur de l’autre
Qui le maintient en vie
Dans une flaque de suie
Sa conscience se vautre

Au bar de l’existence
Il se saoule puis dégueule
Des paupières d’essence
Ce que les autres veulent

Il ne peut qu’enfanter
La douleur du Pourquoi
En son esprit tournoient
Des aigles tourmentés
Le massacre est enfoui
Car profond est son ventre
Hommage à l’épicentre
Du tremblement d’un oui
Murmuré à l’oreille
Du petit garçon mort
Oublié sur le port
D’une mémoire sans merveilles
Ainsi se sont bouchées
Les artères du Temps
L’horreur est au présent
Le soleil s’est couché

Dans ses habits de sang

Les lèvres aiguisées
D’une lame sur la meule
Posséder pour briser
Ce que les autres veulent

Aujourd’hui la prison
Demain la liberté
Les psychiatres ont voté
Pour son exécution
Il n’y a de regrets
Que pour les indécis
Il n’y a de sursis
Que pour les initiés
Vivre apprend à tuer
Dit-il au tribunal
Une phrase pour le journal
Son ultime cliché

                                                                              AC 2012-01-04

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À propos de corkloizo

Un commentaire sur “Ce que les autres veulent (par Aurélien Carton)

  1. David
    mai 26, 2012

    Le titre qui revient dans les vers sonne de façon assez sépulcrale, je trouve qu’on devine une histoire dont on lirait plutôt les émotions.

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Cette entrée a été publiée le mars 5, 2012 par dans Publications littéraires, et est taguée , , , .
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