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Rafales de pensées

Du mépris des institutions

S’il est une constante chez l’homme, analysée et disséquée par bien des penseurs, c’est l’étroite relation entre pouvoir et corruption. Et depuis longtemps afin d’asseoir son pouvoir, l’homme a institutionnalisé ce dernier. Par bien des moyens différents : par le fait religieux, politique ou militaire – l’homme parvient ainsi à conserver et transmettre le pouvoir,  chose qui avant l’organisation de nos sociétés était impossible. De par sa nature l’institution est synonyme de pouvoir et donc de corruption. Faire partie d’une institution, quelqu’elle soit, élève systématiquement le rang de l’individu au sein d’une société. Et afin de se protéger, d’asseoir son pouvoir et sa continuité, l’institution se doit de se défendre en tant que telle – sa forme institutionnelle.
C’est l’individu, corrompu par une fonction institutionnelle, qui outrepasse les fonctions de l’institution elle-même. C’est ce pourquoi l’institution en tant que forme est à réinventer. L’humain ne peut pas incarner ni même représenter une institution sans travestir sa définition. En effet, ce sont les juges, les avocats et même des jurés qui rendent justice et non les textes de loi, même s’ils sont la base du jugement. Pareil pour les banquiers, les traders, les médecins. Tous sont des humains définis par bien d’autres choses que les textes étant la base de leur travail. Et ces humains placés dans les institutions doivent adopter une manière institutionnelle de pratiquer leur travail. La démarche est intéressante mais irréalisable. Notre jugement ne peut se faire objectivement de fait. Notre expérience est toujours fondatrice en matière de décisions et se trouve donc en parfaite opposition au caractère figé de ce que représente les institutions. Et même s’il était des vaillants et des courageux que la corruption révolte, le constat serait au final identique; la corruption de la fonction se fait par défaut. Demandez à Sarkozy ou Hollande s’il leur est (ou fut) permis d’être les ennemis de la « Finance » (quand bien même ils en auraient vraiment eu l’intention).

Cependant, les institutions sont censées être les garantes de leur contenu et non de leur contenant, de leur fond et non de leur forme, de leurs idées fondatrices et non de leurs dirigeants – depuis les églises jusqu’aux états, depuis les commissariats jusqu’à la chambre de commerce, depuis le clergé égyptien des Pharaons jusqu’au KGB de l’URSS. Mais la réalité institutionnelle est toute autre et ne tend qu’à asseoir sa domination sur le reste du monde « non-institutionnalisé ».
Aujourd’hui les institutions les plus puissantes sont les institutions bancaires, avec à leur botte les États dont la survie est conditionnée par ces mêmes institutions. Alors s’il est vrai que les grandes multinationales de l’informatique (Facebook, Twitter, Google…) nous espionnent, avec la complicité des États, et que ces mêmes États sont soumis au vouloir des institutions bancaires; l’on peut aisément dire à l’heure du capitalisme sauvage que la boucle est bouclée.

S’il est vrai que les institutions ne seront pas plus gouvernées par des braves et des justes que les banques par des honnêtes gens, alors nos existences sont soumises malgré nous à un ordre institutionnel qui n’a jamais eu et n’aura jamais rien de démocratique dans un système mondial basé sur les capitaux et investissements privés. En effet, après plus d’un siècle de domination, il paraîtrait étrange que l’on puisse accepter que vienne gêner un quelconque perturbateur idéologique. Les « Lula », « Chavez » et autres n’ont pas eu les marges de manoeuvre espérées car ces marges-là ne sont pas marchandables.

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Cette entrée a été publiée le janvier 30, 2013 par dans Essais, Société.
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