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Rafales de pensées

Du monde des idées

Si l’on nous rappelle aisément que la philosophie grecque avait le mérite d’être vécue, contrairement à celle de nos commentateurs modernes, l’on pourrait alors aussi évaluer le monde des idées dans son ensemble comme ayant été largement délaissé au profit du monde matériel.

Le désintéressement des gens de pouvoir pour le savoir, les idées, la science (et la logique) orientent les individus soumis à ce pouvoir vers ce même désintéressement. Le dogme l’emporte alors car il apporte plus de certitudes – par essence, qu’un questionnement. La prise de position est devenue plus importante que son fondement idéologique, que ce soit pour des questions politiques, sociales et collectives, des questions religieuses, spirituelles ou bien même personnelles.

Le matérialisme contemporain régit la compréhension des phénomènes de notre environnement qu’il soient humains ou de ceux des « forces de la nature » ou de « l’univers »,  dé-considère la valeur des symboles. La valeur symbolique (ou l’interprétation des symboles) est devenue quasi-inexistante, ou s’est vue amoindrie dans un dogmatisme matérialiste.

L’idée que les sophistes convainquent mieux et plus aisément que les méta-physiciens est communément admise il y a déjà plus de 2.000 ans, il semblerait qu’elle soit encore d’actualité. Les faiseurs d’opinions sont toujours plus écoutés que ceux qui tentent de soulever les questionnements. Les attentes concrètes, presque matérielles du monde moderne pour la philosophie sont erronées et leur résultat impossible.

Sur bien des débats, qu’ils soient religieux, politiques, sociaux, historiques, les considérations de la plupart sont partisanes. L’important est de bien choisir son camp, et d’identifier les positions des camps respectifs, afin de soumettre ces positions à leur propre jugement, qu’il soit moral ou éthique au sens restrictif ou dans un plus large entendement. L’examen des idées et des symboles de ces idées est considéré comme secondaire car le matérialisme éloigne du monde des idées par essence et par définition. Les idées étant des objets immatériels, leur portée peut être également dématérialisée ou non ; et c’est par ailleurs ce qu’elles ont d’universel. Pourtant l’examen des idées et de leurs symboles est un pré-requis pour la compréhension de leur portée et de leur actualité. En ce qui concerne notre société moderne occidentale et son fonctionnement par exemple, nul ne peut remettre en cause la valeur de l’argent, et le fait que le système capitaliste et libéral (au sens économique) pousse à une compréhension matérialiste s’explique aisément par la marchandisation du monde (cf Braudel).

La compréhension matérialiste ajoutée au principe de cohérence permet de contrôler la portée des symboles et du monde des idées qui s’y rapporte, car l’intérêt que les peuples matérialistes ont pour ceux-ci est quasi-inexistant. Ils deviennent ainsi des marques privées, des objets matériels (comme les logos, la pomme croquée, des lettres, etc.).

Le principe de cohérence nécessite l’instauration d’un ordre (en particulier de priorités), tandis que la connaissance et le questionnement (méta-physique ou scientifique) ont vocation à destituer les ordres et à créer les (r)évolutions.

L’ordre établi, au vu de l’histoire, profite à ceux qui se trouvent en haut de ce qu’on appelle l’échelle sociale, qu’on pourrait paraphraser par « l’échelle du pouvoir ». Si ce pouvoir se constitue en institution, c’est afin d’être pérenne et d’assurer les conditions de sa pérennité. Les phénomènes de révolution, de révolte, de re-naissance, et toute la symbolique que ces mots portent sont communément entendues comme étant le propre de l’Homme, de sa Conscience, celle qui l’élèverait au dessus de l’animal.

Parallèlement, l’ordre établi, qu’il soit politique, religieux, ou économique comme c’est actuellement le cas à l’échelle mondiale, est toujours vu comme un outil d’oppression des individus par la restriction de leurs libertés. Cette considération morale a donné à ces mots leur connotation si péjorative, et pourtant… Pourtant nous savons ce que l’histoire des révoltes, des révolutions et des renaissances nous apprend, que le savoir et la connaissance sont les outils de libération des peuples.

Cette idée de la recherche de la connaissance, est une approche globale, c’est le processus humain d’accumulation de savoirs, acquis par les lois de l’observation. Cette idée de la connaissance comme un objet d’étude infini par essence est également ce que nous dit Descartes dans son discours de la méthode, par la méthode de redéfinition des termes et d’une nouvelle analyse, ou plus largement « la connaissance d’un objet est un spectre aussi large et abstrait que celui de la considération qu’on peut se faire de l’objet ».

Sans rentrer dans l’éthique, qui est un questionnement que l’on peut tenter de satisfaire par des réponses dogmatiques (et empruntes de matérialisme), voire par la logique; la métaphysique reste quant à elle, sans voix et très peu considérée, alors qu’elle est indéniablement aussi nécessaire qu’à n’importe quelle autre époque. Certains diront qu’elle ne l’est pas, mon avis est évidemment tout autre. En effet, si la physique et particulièrement la physique quantique ont considérablement évoluées ces dernières années, la méta-physique se doit donc d’évoluer parallèlement (au même titre que la Philosophie des Sciences).

 

E.A

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Cette entrée a été publiée le janvier 6, 2016 par dans Essais.

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